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À Marrakech, les Drancéens courent ensemble

Ils étaient une vingtaine de Drancéens à prendre le départ du marathon et du semi-marathon de Marrakech en janvier dernier. Parmi eux, Jonathan, 38 ans, coureur passionné a vécu une aventure humaine forte, portée par l’amitié.

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Footballeur depuis toujours, Jonathan découvre la course à pied presque par hasard. Arrêt forcé des terrains pendant le Covid : il se tourne vers le running pour “garder une activité physique”. En 2021, il rencontre plusieurs runners et s’inscrit aux 10 km des Foulées de l’aéroport. Le résultat est plus qu’encourageant : “J’ai fait un chrono très correct, sûrement grâce à mon bagage footballistique.” C’est lors du semimarathon de Rouen que tout bascule. “En fait, je ne savais pas courir. Et ce semi, ça a été le déclic. C’était incroyable !” En à peine six mois de pratique du running, il boucle son premier marathon de Paris en 3h27, une performance solide.

“On voulait vivre ça entre amis”

Devenu papa entre-temps, le Drancéen cherche toujours un nouveau défi à partager. “On voulait vivre ça entre amis. Le hasard a fait que Marrakech s’est présenté à nous.” Le directeur en assurance s’élance avec trois anciens membres du club ABDO Athlétisme : Philippe Da Silva (3h48), Petro Sedoryshym, champion ukrainien de 68 ans (4h34) et Hachim, 43 ans, pour son tout premier marathon. Son objectif est clair : l’amener au bout. Après deux premiers jours d’acclimatation au Maroc, le jour J est arrivé. Réveil à 5h, mais pas de taxi. Jonathan rejoint alors la ligne de départ en courant, ajoutant 5 km à sa performance. Malgré une température inférieure à 10 degrés, “le lever de soleil sur les montagnes de l’Atlas était magique !” La course débute sans encombre, avant de se corser. “Hachim s’est pris de plein fouet le mur des 30 km, le moment où l'on a envie de réduire son allure.” Jonathan devient alors le moteur de son ami. “À partir du 37e km, il s’est agrippé à mon bras. Ça m’a rajouté du poids, mais ce n’est pas grave. On a même réussi à dépasser une chèvre !”, en rigole Jonathan. À 40 km, Hachim chute, se relève et termine, “épuisé mais heureux”. “J’ai tout donné pour lui. J’étais fier d’avoir aidé mon ami.” Les deux compères bouclent leurs 42,195 km en 4h13.

Une vingtaine de Drancéens réunis

Entre les participants au semi-marathon et ceux du marathon, c’est quasi une vingtaine d’habitants de Drancy qui ont fait le déplacement. Une coïncidence révélée... lors des vœux du maire. Prochain défi pour Jonathan ? “On en fera d’autres... mais peut-être pas tout de suite”, plaisante-t-il. Avant cela, place aux 15 km de Liège, sa ville natale.