Solidarité

Le centre social de l'Avenir est à vous

Inauguré samedi 13 juin, le centre social de l’Avenir a de grandes choses à apporter au quartier. Ses portes sont désormais ouvertes. Il n’attend plus que vous.

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Nawel Aatif, adjointe au maire chargée de l’Innovation et de la Coordination sociales, des Centres sociaux municipaux et référente du quartier de l’Avenir, Moustapha Hamoud, directeur des Centres sociaux et Skander Ben Jilani, directeur adjoint des Centres sociaux.

Quel est le rôle d’un centre social ?

Moustapha Hamoud : En fait, ce n’est pas nous qui déterminons ce qu’il y a dans un centre social. Ce sont les habitants. Bien sûr, il y a une base : c’est un équipement qui s’adresse à tous les habitants quels que soient leur âge ou leur condition sociale. C’est avant tout un lieu où l’on écoute et où l’on construit des projets. Un foyer d’initiatives, portées par les habitants et soutenues par des professionnels.

Skander Ben Jilani : Nous avons l’obligation de développer des projets spécifiques à destination des familles, afin qu'elles puissent bénéficier d’activités et d’actions à caractère social. Notre objectif est de garantir un accueil inconditionnel, permettant à chaque habitant d'obtenir une réponse adaptée à ses besoins.

Va-t-on transposer le fonctionnement de celui de Paris-Campagne à celui de l’Avenir ou faut-il s’adapter à une population spécifique ?

Moustapha Hamoud : La structure associative a son importance. Or ici, à l’Avenir, je sais qu’elle va nous faire remonter les besoins concrets et qu’elle va faire connaître nos actions et surtout notre fonctionnement à ses adhérents qui ne pousseraient pas naturellement les portes. Nous avons des idées et nous pouvons tout faire nous-mêmes, en nous inspirant du centre social de Paris-Campagne. Mais reproduire n'est pas le but.

Nawel Aatif : C’est un outil dont il faut se saisir. Il n'y a pas deux centres sociaux identiques. La démarche est participative : les habitants doivent devenir des acteurs de ce qui les préoccupe. Nous ne devons pas apporter des réponses toutes faites mais, grâce à notre technicité, les accompagner afin qu’ils se mobilisent et envisagent les solutions. Le café des parents ou l’atelier théâtre sont autant de médiations éducatives qui permettent de récolter des informations afin de construire des projets.

Le quartier de l’Avenir en avait-il besoin ?

Nawel Aatif : C’était devenu une nécessité. Les habitants attendent l’ouverture avec impatience. Ce centre social est pour eux. Ils le savent et se sentent ainsi valorisés. Les associations ne peuvent pas tout prendre en charge. Il y a environ 7500 habitants dans le quartier. L'association que j'ai fondée par le passé, recense, par exemple, 360 adhérents, soit un habitant sur 20, enfants compris. C'est bien mais cela ne suffit pas. Il faut pouvoir s’adresser à tout le monde. C’est pourquoi ce centre social est important. Les habitants ont tous vu qu’il était en construction. À nous de satisfaire leur curiosité et leurs envies.

Avec ses 1300 m2 , le centre social voit grand. Une simple visite de ce nouvel équipement en dit long sur le soin qui y a été apporté par la ville à la demande des habitants du quartier. Tout ici est vaste, lumineux et bien conçu. C’est à peine si l’on s’aperçoit qu’une partie du bâtiment est héritée de l’ancienne Maison Daniel André datant du début des années 70. Un ascenseur permet, par exemple, à toutes les personnes à mobilité réduite de se déplacer dans tous les étages. Il n’est pas faux d’affirmer aujourd’hui que le centre social de l’Avenir est de très loin le bâtiment public le plus moderne de Drancy.

Le social dans ses murs

Rue Saint-Stenay, c’est une grande coquille encore vide qui vient d’être inaugurée. Il reste maintenant à y amener la vie qui l'animera. Si les professionnels qui vont y œuvrer ont déjà des idées, ce sera aux habitants de choisir des activités qui y seront déployées. Mais il faut bien comprendre qu’ici, le terme “social” s'entend dans sa définition la plus large. On y retrouvera certes des ateliers d’insertion professionnelle ou sociaux-linguistiques, un écrivain public ou des permanences d’accès aux droits, mais il sera aussi question de vivre ensemble. Cette expression, légèrement galvaudée, prend en effet tout son sens ici car c’est un véritable cœur de quartier qui fait son apparition à l'Avenir. Le hall d'accueil à lui seul est bien plus vaste que la Maison des services publics dans son entier.

La solution, c’est vous

L’établissement compte bien rayonner dans toutes les directions et attirer les habitants de tous âges et de toutes conditions. Ce sera donc un lieu d’écoute, mais aussi de solutions. “N’hésitez pas à venir nous rencontrer, explique avec envie Nawel Aatif, adjointe au maire chargée des Centres sociaux. Venez nous parler de votre vécu dans le quartier et de vos attentes. Nous avons beaucoup à apporter aux habitants. Et peut-être que c’est vous qui êtes la solution aux demandes de vos voisins que vous ne connaissez pas encore. Nous sommes ici pour fédérer et libérer la parole. Il y par exemple beaucoup de seniors dans le quartier qui, j’en suis sûre, ont beaucoup à apporter aux plus jeunes. Les savoirs doivent se transmettre”.

Qu'elles vivent en HLM ou en pavillon, les familles vont rapidement comprendre tout l’intérêt de ce centre car, et c’est bien naturel, c’est en priorité pour elles qu’il a été construit et qu’il est soutenu par la Caisse d’allocation familiales. Osez le centre social !

 

Répondre aux attentes

Ils sont attachés à leur quartier, mais ont toujours du mal à se séparer du sentiment, quand même assez ancien, qu’ils sont un peu à l’écart du reste de la ville Il est vrai que la création des voies de chemin de fer, dès le 19e siècle, et la construction de l’A86 en 1998 ont isolé cette partie de Drancy. Pour peu que la rue de Stalingrad soit embouteillée, venir au centre-ville relève encore aujourd’hui du parcours du combattant. Mais concernant les services publics, beaucoup a été fait depuis, avec le remplacement du vieux collège Langevin ou encore la création de la Maison des services publics dès 2003. Il restait néanmoins une particularité importante propre à ce quartier à laquelle la ville devait apporter une réponse : ses difficultés sociales. C’est afin de bien prendre en compte ce trait que la construction de ce centre social a été validée et qu’un diagnostic a été réalisé en amont. Que nous apprend-t-il ?

Des handicaps à surmonter

Avec ses quelques 7500 habitants, Avenir parisien est marqué par une histoire de précarité, structurée autour des pavillons anciens et des grands ensembles construits dans les années 1960. Les indicateurs sociaux sont nettement dégradés : revenus faibles, taux de pauvreté élevé, chômage important et emplois précaires. Le quartier enregistre également des fragilités en matière de santé, avec une offre médicale limitée et des pathologies fréquentes, comme le diabète ou les maladies cardiovasculaires. L’habitat est modeste, dominé par le logement social.

Le territoire compte une population à la fois jeune et vieillissante, marquée par une grande diversité culturelle. Les écoles et le collège, classés en REP, sont très mobilisés et obtiennent des résultats encourageants, notamment au brevet. La réussite scolaire et la poursuite des études restent des enjeux importants.

Des atouts à faire valoir

Malgré ces difficultés, le diagnostic souligne de nombreux atouts : rénovation du cadre de vie, solidarité entre habitants, présence de services publics, offre éducative active et tissu associatif riche.

Le centre social constitue une réponse concrète aux besoins de la population : créer un lieu ouvert, professionnel et partagé, capable de fédérer associations, habitants et institutions ; développer des activités pour les jeunes, les femmes, les familles et les seniors ; favoriser la mixité sociale, culturelle et intergénérationnelle ; renforcer l’accès aux droits, la parentalité, l’insertion, la santé et la vie de quartier. Le centre social est envisagé comme un outil de lien social, de coordination et de redynamisation locale.