Environnement

Les dépôts sauvages sous haute surveillance

Afin de compléter son arsenal anti-dépôts sauvages, la ville vient de s’équiper d’un nouveau système de détection intelligent. Installés dans les points névralgiques, ces capteurs photo sont reliés au service Nettoiement et à la police municipale.

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Chaque année, près de 1 000 tonnes de dépôts sauvages - Ordures ménagères, encombrants et produits dangereux - sont retrouvés sur les 240 km de trottoirs drancéens. La lutte contre cette incivilité est devenue l’une des priorités de la ville qui a créé une brigade verte il y a deux ans, ainsi qu’un poste de contrôleur. Ses agents quadrillent quotidiennement les rues pour identifier les dépôts afin que les véhicules de la propreté interviennent au plus vite.

Un fléau contre lequel la ville lutte âprement

Une centaine de points noirs sont quotidiennement sous surveillance et cinquante panneaux d’interdiction ont été posés dans les lieux de dépôts récurrents. Par ailleurs, avec l’application Thelma, 2322 signalements ont été traités en un an, dans les 24 heures huit fois sur dix. Les caméras de vidéoprotection permettent aussi de verbaliser certains contrevenants. Les auteurs identifiés, une quinzaine chaque mois en moyenne, sont refacturés 375 € le m³ indivisible, afin de couvrir les frais de collecte municipaux, qui oscillent entre 400 000 € et 500 000 € selon les années.

Une étape supérieure

Cette intensification des actions a porté ses fruits, en faisant chuter de 15 % le nombre des dépôts illicites en quelques années. Cependant, force est de constater que cela ne suffit pas. Un système automatisé, qui a fait ses preuves dans de nombreuses villes, a donc été installé depuis cet été.

“C’est une étape supérieure qui se concentre sur les principaux lieux où l’on constate des dépôts sauvages”, explique le maire, Aude Lagarde. “Nous sommes déterminés à utiliser tout l’arsenal juridique à notre disposition. Ainsi, soit les gens viennent en voiture, et ils seront identifiés et redevables de 1 500 € d’amende, soit ce sont des riverains venus à pied et leur trajet permet de les identifier et de les frapper au porte-monnaie.”

Il s’agit d’un dispositif unique à la pointe pour surveiller en temps réel les zones à risque de dépôts illégaux. Concrètement, les capteurs dissimulés en haut des candélabres sont dotés de détecteurs de présence, capables de déclencher la prise d’images en rafales.

“Un atout majeur de notre système est sa capacité à repérer la plaque d’immatriculation des véhicules des contrevenants, facilitant ainsi les procédures de verbalisation”, précise aussi son fabricant.

Une diminution drastique espérée

Confiées à la police municipale, ces photos servent ensuite à documenter les infractions. Les 150 villes de France qui l’utilisent déjà sont formelles : il est bien plus difficile pour les riverains indélicats, ceux qui se débarrassent sur n’importe quel bout de trottoir d’un matelas, de gravats ou de tous déchets variés, de passer entre les mailles du filet.

Désormais la sanction tombe. Mécaniquement les dépôts sauvages baissent. Certaines villes ont vu leur nombre chuter de 80 % en seulement six mois...