Logement

SEM Drancy Demain : un nouvel élan

Promesse tenue. Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, a été élu président de la SEM Drancy Demain (ex OPH) le 28 mai. Il nous présente ses priorités et sa vision pour améliorer durablement le logement social à Drancy.

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L'entretien en 4 questions

Aucun maire n’a jusqu’ici présidé l’OPH. Ce sera donc une première. Lors de mes premiers mandats, je ne l’ai pas fait car j’étais déjà maire et député. Aujourd’hui, comme je l’ai indiqué durant la campagne, je souhaite me consacrer pleinement à Drancy.

Ces deux fonctions sont très complémentaires, notamment en matière d’aménagement. Les cumuler permet de renforcer la cohérence d’ensemble des projets et d’améliorer leur pilotage. Tout sera géré, sous une même responsabilité, la mienne. Cette gouvernance facilitera la coordination entre les décisions de la Ville et les actions de la SEM, tant sur le contenu des projets que sur leur calendrier. Par exemple, dans le cadre de la rénovation du centreville, certains espaces doivent être repris par la Ville car ils sont utilisés par tous les habitants. Or, le morcellement des responsabilités peut générer des incohérences, aussi bien dans le quotidien que dans les grands projets. En concentrant la décision, nous gagnons en efficacité et en réactivité.

Par ailleurs, face aux mauvaises langues, je rappelle que la fonction de président de la SEM est totalement bénévole : plus de travail, sans aucune rémunération.

La priorité est l’achèvement du renouvellement urbain de Gaston Roulaud, avec la reconstruction de logements diversifiés répartis dans toute la ville afin de renforcer la mixité sociale. Il s’agit d’une opération majeure, mobilisant des moyens humains et financiers importants. Parallèlement, la SEM poursuit un programme de réhabilitations à un rythme soutenable, avec une attention portée aux bâtiments, aux espaces extérieurs et à des enjeux connexes comme le stationnement, en lien étroit avec la Ville.

Certains ensembles, comme Paul Vaillant-Couturier, présentent des défis plus complexes. L’enjeu est de rénover sans démolir, en reconfigurant les logements pour les adapter aux besoins actuels. Ce type d’opération, plus long et plus coûteux, nécessite des études spécifiques et dépendra des financements nationaux à venir.

La SEM fait face à des contraintes financières et humaines importantes. Elle entretient et rénove 6 000 logements grâce à ses ressources propres issues des loyers, ce qui limite ses capacités d’investissement. Un plan pluriannuel sur dix ans permet de prioriser les interventions : réhabilitations, entretien des équipements —  dont près de 80 ascenseurs vieillissants sur les 160 — et modernisation des systèmes de chauffage, en intégrant les exigences de rénovation énergétique. C'est un miracle permanent.

Sur le plan humain, environ une centaine d’agents gèrent ce parc, dont plus de 70 % de personnels de proximité. Les équipes administratives et techniques, plus restreintes, doivent piloter à la fois le quotidien, les travaux lourds et les projets de développement. Par ailleurs, l’Office intervenait historiquement sur de nombreux dépannages dans les logements, au-delà de ses obligations. Ce fonctionnement ne permettait ni de garantir une qualité homogène des interventions, ni de développer une maintenance préventive. C’est pourquoi un contrat multiservices a été mis en place. Il permet d’anticiper les pannes, de simplifier les démarches pour les locataires et de recentrer les équipes sur les priorités structurelles : le bâti, les espaces communs, les ascenseurs et les grands travaux.

La transformation de l'OPH en SEM ne change rien pour eux. Les règles, les loyers et les contrôles de l’État restent strictement identiques.

En revanche, cette évolution va nous permettre d’agir plus efficacement sur des sujets du quotidien qui suscitent depuis longtemps des attentes de leur part : ascenseurs, chauffage, stationnement. Nous souhaitons également mieux encadrer certains usages, comme celui des box, trop souvent détournés de leur vocation. Des orientations claires ont été données à la SEM en ce sens. J'y reviendrai auprès des locataires.

Comprendre la création de la SEM Drancy Demain

Pendant près de 60 ans, l’office municipal HLM puis l’OPH ont assuré la gestion de l’essentiel du logement social à Drancy, avec un parc de 6 000 logements. Il a joué un rôle essentiel pour répondre aux besoins des habitants éligibles au logement social. Ceci dans un contexte marqué par 4 200 demandes pour seulement 250 logements libérés chaque année.

Deux lois ont toutefois imposé la disparition des OPH de moins de 12 000 logements. Face à cette obligation, deux solutions existaient : fondre l’OPH dans un bailleur plus important et plus éloigné des Drancéens, avec le risque de perdre la maîtrise de notre patrimoine, ou créer une Société d’Économie Mixte pour préserver un acteur local historique du logement social.

Le choix a été fait de créer une SEM majoritairement publique. Contrairement à certaines affirmations de l’opposition locale, il ne s’agit pas d’une privatisation : Drancy Demain est détenue à 67 % par la Ville et 99% des actions sont aux mains d'acteurs publics.. Cette solution permet de maintenir un pilotage local du logement social, tout en respectant le cadre légal et en évitant la disparition de l’office.

LE RÔLE DU PRÉSIDENT DE LA SEM

Le président exerce une fonction de gouvernance et de représentation politique. Il préside le conseil d’administration, fixe les orientations stratégiques avec les administrateurs et veille à leur bonne mise en œuvre. Il représente la société auprès des partenaires institutionnels et des actionnaires. À ne pas confondre avec le rôle du directeur général qui assure, quant à lui, la gestion opérationnelle de la SEM :  mise en œuvre des décisions du conseil d’administration, pilotage des équipes et gestion du fonctionnement quotidien.