Vie municipale

Un été à reconstruire l’infrastructure informatique municipale

Début juillet, la mairie a été victime d’une cyberattaque massive contraignant le service Informatique à stopper l’ensemble des serveurs afin d’enrayer la propagation d’un logiciel malveillant qui chiffre les données et réclame une rançon pour les rendre accessibles.

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Sans téléphone, ordinateur, logiciel ni Internet, certaines tâches deviennent quasiment impossibles comme régler les fournisseurs, facturer les prestations municipales ou instruire les demandes d’urbanisme et de permis de louer. Durant quasiment tout l’été, les agents ont donc dû s’adapter pour assurer la continuité du service public. Près d’une centaine de serveurs font fonctionner les logiciels municipaux. Tous ont été débranchés en urgence le matin de l’attaque. Il a ensuite fallu les analyser minutieusement, comme lors d’une scène de crime, puis restaurer les systèmes à partir de sauvegardes saines et mettre en place des protocoles de sécurité plus drastiques. Un travail titanesque mené par les informaticiens de la Ville, avec l’appui de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), saisie dès le dépôt de plainte.

Une infrastructure résiliente

Quand certaines collectivités mettent plusieurs mois à se relever d’une telle attaque, Drancy s’est fixé pour objectif de retrouver un fonctionnement quasi normal à la rentrée. L’architecture informatique municipale, conçue pour l’essentiel au milieu des années 2000, a permis de gagner un temps précieux. Au 17 août, près de 700 postes et leurs logiciels étaient de nouveau opérationnels car ils fonctionnent grâce à des serveurs distants et peuvent être reconstruits sans intervenir physiquement sur chaque machine. La situation est différente pour la centaine d’ordinateurs classiques, utilisés dans certains services et qui, un par un, doivent être entièrement réinitialisés et reconfigurés.

Personne n’est à l’abri

Collectivités, hôpitaux, entreprises, associations ou particuliers : personne n’est à l’abri d’une cyberattaque, comme le démontrent les vols massifs de données fiscales à Bercy ou, plus récemment, de données de l’Éducation nationale. Selon les premiers éléments de l’enquête, Drancy et d’autres grandes organisations publiques ont été confrontées durant l’été au même mode opératoire, qui ne peut être divulgué dans ces colonnes. Les cybercriminels sont à l’affût des failles de sécurité dans les équipements essentiels aux grandes infrastructures. Avant le déploiement d’un correctif par les fabricants, elles constituent une porte d’entrée. À cela s’ajoute l’hameçonnage. Les mails ou SMS destinés à vous faire cliquer sur un lien, ouvrir une pièce jointe ou saisir vos identifiants dans une interface familière. Une fois infiltrés, les cybercriminels peuvent naviguer dans les systèmes, dérober des données et enfin tout détruire, notamment leurs traces…

Restez vigilants

Les investigations ont établi que les cybercriminels ont pu extraire certaines données, sans qu’il ne soit encore possible d’en déterminer précisément la nature et l’étendue. L’enquête se poursuit. Par précaution, la Ville vous recommande de redoubler de vigilance face aux mails, SMS, notamment lorsqu’ils utilisent des informations vous concernant que vous auriez pu communiquer à la mairie.