Jeunesse

80 jeunes drancéens prennent leur envol au Bourget

Dans 9 villes étapes, Rêves de Gosse fait depuis 30 ans se rencontrer des enfants aux parcours ordinaires et extraordinaires, pour qu’ils acceptent leurs différences. Le 19 mai, la 5e étape au Bourget a permis à 80 écoliers drancéens de vivre une journée magique dans les airs.

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Se prendre un peu pour Antoine de Saint-Exupéry, quel pied ! Sofiane, 10 ans, scolarisé en classe Ulis à Dulcie September en rêvait depuis longtemps. Très investi dans le projet, il a passé ses vacances à confectionner des maquettes d’avions futuristes, notamment "un avion baleine", avec sa maman, présente à ses côtés le jour J. À quelques minutes de s’envoler du Bourget, il affiche un large sourire. Son copain Anthony, a lui craint d’être recalé à la visite médicale obligatoire, il vient d’avoir une otite ! “J’ai même pas peur ! clame-t-il bravement. Je me sens comme dans un film de super-héros Marvel !”. “On travaille sur le projet depuis octobre en inclusion avec la classe de CP-CE1 dont les 21 élèves participent aussi à Rêves de gosse”, révèle Syrine Taarkoubt, professeur des écoles et coordinatrice Ulis (unité localisée pour l’inclusion scolaire) qui accueille 7 enfants de 6 à 11 ans atteints d’un trouble du fonctionnement cognitif.

Un rassemblement plus puissant qu’il n’y paraît

 

Rêves de gosse fête son trentenaire. “Plus qu’un simple voyage dans les nuages, l’aviation porte en elle une formidable puissance de rassemblement. Pour que la différence ne provoque pas l’indifférence”, souligne son président-fondateur, Jean-Yves Glémée. Cette initiative, dont l’actrice Véronique Jeannot est la marraine depuis 23 ans, a permis à 160 enfants et ados de passer une journée à l’aéroport du Bourget. Partie de Narbonne le 15 mai, la caravane de 140 bénévoles en était à sa 5e étape. En débarquant, elle propose avec les partenaires associatifs locaux des animations sous tentes (clowns, sculpture sur ballons, divers jeux) et surtout un baptême de l’air de 20 minutes en compagnie de pilotes chevronnés.

La moitié des participants étaient des petits écoliers de Voltaire, Pablo Picasso, Dulcie September et Cachin, avec pour chaque école, une classe Ulis et une classe ordinaire. Bref, “des enfants aux parcours ordinaires et extraordinaires, entendez cabossés par la vie, le handicap ou la maladie”, explique un responsable du Rotary Club du Bourget, qui a coordonné le projet avec l’Éducation Nationale. Enseignants et éducateurs décident du thème du projet pédagogique — cette année "Tout commence par un rêve" —, fil conducteur des visites ou rencontres préparatoires dans les écoles : les enfants ont découvert ensemble le Musée de l’Air et de l’Espace et ont fabriqué des œuvres collectives (exposées le jour J). L’aventure se clora par un grand pique-nique le 15 juin dans le parc de Ladoucette.

Les différences s’effacent le temps d’un vol

Le ballet ininterrompu de la trentaine de petits avions a emporté les enfants, par 2 ou 3, jusqu’à 18h30. Mais la météo chaotique a aussi obligé à les faire voler dans un appareil plus gros, un CASA de l’armée. Sa petite photo souvenir à la main et grosse peluche cadeau sous le bras, Fanta, élève de CE1 à Pablo Picasso a encore des étoiles dans les yeux. "J’avais un peu peur avant, mais dans l’avion, je me suis sentie bien. J’ai vu la Tour Eiffel, le Stade de France et plein de maisons", raconte-t-elle. Il faut dire que nombre d’encadrants sont présents pour tranquilliser les enfants et les accompagner au moment de faire connaissance avec le pilote et la machine.

Pendant quelques heures, les différences se sont effacées pour laisser place au partage et à la joie de vivre ensemble une aventure hors du commun. Des moments chargés d’émotion. Rêves de gosse a fait sienne cette maxime souvent attribuée à Saint-Exupéry : "Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m’enrichis".