Sport

À Drancy, le sport pour toutes !

Les adolescentes renoncent au sport plus rapidement que le sexe opposé. Pourtant, rugby, boxe ou fitness séduisent. À Drancy, les clubs se mobilisent pour encourager la pratique féminine à tous les âges !

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Les Drancéennes et le sport

Statistiques issues du nombre de licenciés transmis par les clubs drancéens. Source : Rapport égalité femmes-hommes 2026 de la ville de Drancy.

Moins de 10 ans10 à 18 ansPlus de 18 ansTotal
HommesFemmesHommesFemmesHommesFemmesHommesFemmes
202515211 223
(44,56 %)
1 992709
(26,24 %)
1 4231921
(57,44 %)
4 9363 853
(43,83 %)
202314411 072
(42,65 %)
1 409695
(33,03 %)
1 1741513
(56,30 %)
4 0243 280
(44,84 %)
2021*986832
(45,78 %)
1 148547
(32,27 %)
1 054955
(47,53 %)
3 2042 369
(42,50 %)

*Attention, les chiffres de 2021 doivent être replacés dans le contexte de l’après Covid.

Le rugby au féminin

Le RCD et le Rugby Club Courneuvien ont créé une équipe féminine sénior en septembre dernier. Longtemps associé aux gabarits massifs, le rugby voit aujourd’hui sa pratique se démocratiser, et se féminiser.

S’il y a quelques années cela semblait impensable, c’est aujourd’hui devenu un rendez-vous habituel. Depuis le mois de septembre, dix à vingt jeunes femmes se rassemblent deux soirs par semaine au stade Guy Môquet pour jouer au rugby. Dans la lignée de leur entente, dont est née l’équipe cadette, les clubs du Rugby Club de Drancy et du Rugby Club Courneuvien ont décidé de lancer une équipe féminine sénior de rugby à 10.

Une bonne nouvelle pour ces jeunes femmes, passionnées par le ballon ovale. “L’équipe est principalement composée des cadettes qui sont montées au niveau supérieur. Il y a aussi d’anciennes joueuses qui n’avaient plus l’âge de pratiquer en jeunes et qui ont repris cette année”, indique Goundo, la capitaine. Pour la jeune femme de 18 ans, le rugby “est une partie de plaisir. Cela m’apprend des valeurs comme l’entraide et le respect. Sur le terrain, on en a besoin et dans la vie de tous les jours aussi.”

Des préjugés démontés

Longtemps considéré comme un sport masculin, le rugby perd doucement cette étiquette. “Quand je dis que je fais du rugby, certaines personnes sont surprises, témoigne Goundo. Alors je leur propose de venir voir un match !”. Le cliché du golgoth de 2 m pour 120 kg ne tient plus, et le rugby féminin prend de plus en plus de place : “Le meilleur joueur de l’équipe de France, Antoine Dupont, fait 1 m 74, l’équipe de France féminine passe sur France TV, Canal diffuse le championnat de France féminin... Les filles ont un peu plus de quoi s’identifier”, remarque Abou, coach de l’équipe. Cette mutation aux yeux du grand public est accentuée par les excellents résultats des équipes nationales, notamment en rugby à 7. Petit à petit, ce sport brise ses barrières, et tend vers une nouvelle pratique.

Un développement constant

L’ensemble de ces circonstances, associé à une communication attractive ont permis à l’alliance Drancy-La Courneuve de dépasser ses espérances en nombre de licences. “On a commencé la saison avec un effectif de 31 joueuses alors qu’on en visait une quinzaine, indique Abou. Les filles ont pris l’initiative de créer un compte Instagram et on voit la différence, on nous découvre souvent par ce biais.” Les deux clubs poursuivent leurs efforts pour pousser les jeunes filles à tester le rugby, par des collaborations avec les sections de l’Union nationale du sport scolaire (UNSS) et des événements fédérateurs tels que Rugby pour Elles. Et si vous hésitez encore ? “Foncez parce que vont découvrirez un sport incroyable, dans lequel vous vous amuserez et vous rencontrerez de nouvelles personnes dans une bonne ambiance”, assure Goundo.

Entraînements : mardi et vendredi de 20h à 21h30 au stade Guy Môquet

Instagram : @rcdc.feminines

Des planètes bien alignées

Elles n’ont jamais renoncé. Aujourd’hui à la tête de la section natation artistique de la JAD, cette bande de copines est un superbe exemple d’organisation de vie.

 

C’est le sport “girly” par excellence, avec ses maquillages appuyés et ses maillots rutilants. Les petites filles adorent. Mais c’est aussi un sport très exigeant : entre deux et quatre entraînements par semaine pour espérer présenter un ballet à la hauteur. C’est pourquoi, à l’adolescence, on voit un grand nombre de ces nageuses renoncer, souvent sous la pression des études (et donc aussi des parents). Pourtant, il existe au sein de la section un clan d’irréductibles, âgées aujourd’hui de 22 à 24 ans, Douaa, Yasmine, Majdoline, Marion, Chirine et Claire (la plus passionnée de toutes), qui nagent ensemble depuis une quinzaine d’années, avec parfois quelques interruptions, et ont réussi à créer au sein de la section une véritable dynamique qui les a menées jusqu’au championnat de France Élite, le plus haut niveau de leur sport. Cette réussite est au moins due à trois facteurs.

Une bande de copines

Elles ont fait connaissance au bord du bassin et ne se sont plus lâchées. C’est une prouesse inestimable, le formidable hasard de fortes personnalités qui ont eu la chance de se rencontrer et de conjuguer sport et amitié. “Je me suis arrêtée de mes 14 à 17 ans et c’est l’amitié qui m’a fait reprendre”, explique Yasmine. Et puisque Majdoline passe une année à New-York pour ses études de droit, l’équipe presque au complet a traversé l’Atlantique pour fêter Noël 2025 sous la neige. Les soirées pyjama et films d’horreur de l’adolescence ont tranquillement évolué.

La maîtrise des études

C’est grâce au sport que j’ai continué mes études, se souvient Douaa, actuellement en M2 d’enseignement EPS. On m’a dit : si tu veux faire du sport, tu réussis tes études”. “On s’est habituées à jongler entre études et piscine, poursuit Yasmine, qui étudie l’éco, le droit et la gestion. C’est un équilibre. Quand je me suis arrêtée, c’était horrible. J’avais l’impression de ne rien faire de ma vie. Pourtant j’allais à l’école”. Toutes ont fait ou font encore des études : Chirine est en master Physiquechimie, Claire est contrôleuse de gestion et Marion, après sa licence de Staps, est maintenant maitre-nageur, entraineuse et formatrice pour la JAD. La rigueur de la natation artistique (autrefois synchronisée) est une très bonne école de la vie.

Des formations gagnantes

Mais en plus de tout cela, les filles travaillent aujourd’hui ensemble. Toutes ont suivi les formations proposées par la FFN et la JAD pour devenir entraineuses de natation artistique et/ou maître-nageur. Ce sont elles qui ont repris en main la destinée de la section et s’occupent de toutes les petites filles. De plus, Marion et Douaa travaillent désormais au stade nautique de Drancy. “Tout le monde est gagnant, explique Romain Chastagner, directeur technique section natation de la JAD. Le club qui pérennise ses entraineurs, la ville qui gagne du personnel formé et les filles qui peuvent travailler pendant leurs études ou même trouver un emploi très recherché”.

Si c’est monotone, on arrêtera peut-être un jour, explique Yasmine. Mais tant que l’on nous propose de nouveaux projets, alors tout va bien”. “Cette année, c’est le cas, conclut Marion. C’est Yasmine qui maintenant nous entraîne et les filles de Chevilly-Larue, qui n’ont plus de club, nous ont rejoint en vue du championnat de France. C’est un nouveau départ”. C’est pourquoi, souvent tard le soir, les copines se jettent à l’eau pour répéter un nouveau ballet.

Des seniors très sportives

À 50 ans, on a encore toute une vie sportive devant soi. Équilibre, souplesse, musculature... Les 550 pratiquantes de l’ASD en témoignent : bouger ça fait du bien au corps et au moral. Nous avons rencontré quelques-unes de ces sportives heureuses.

18 disciplines à la carte : Bowling, golf, gymnastique d’entretien, gym pour personnes à mobilité réduite, Tai chi, gym tonique, musculation, renforcement musculaire, gym aquatique, nage libre, marche avec bâtons, relaxation, step, tennis de table, yoga, stretching, pilates, zumba.

Contact : asdplusde50ans@gmail.com

Elles font de la gym, du step, de la muscu, de la danse, de la marche rapide, mais aussi de l’aquagym... On n’arrête plus ces seniors actives qui ponctuent leur emploi du temps hebdomadaire de séances de sport. À la sortie de la gym, Corinne, 66 ans, raconte : “step le mardi, gym d’entretien le mercredi, renforcement musculaire le vendredi : c’est complémentaire, plus ou moins dynamique et bon pour les abdos !”. À la salle Max Jacob, le jeudi matin, les 34 appareils de fitness n’ont aucun secret pour Maria. À 69 ans, cette ancienne comptable s’est mise au sport intensif dès sa retraite. Auparavant, elle arrivait à se réserver 2 heures pour sa gym, mais dorénavant, chaque jour de la semaine, plusieurs heures par jour, elle se muscle, elle rame, elle pédale, elle s’étire, elle marche dans le parc de la Courneuve...

Super ambiance

Il n’y a que le week-end que je m’arrête,” dit-elle avec un large sourire, en pédalant activement. “C’est excellent pour le moral, il y a une super ambiance ici. Rester dynamique ça me convient : je n’ai plus du tout de migraines”. Un programme d’entraînement ? “Non, non !, s’exclame Patrick, animateur-bénévole de la séance. Elles viennent pour du renforcement, éviter la fonte musculaire, on leur indique juste les bons mouvements et ce qu’il ne faut surtout pas faire”. Martine, même âge, ex-infirmière hospitalière, a toujours été sportive : “J’en ai eu besoin pour évacuer le stress du métier. Aujourd’hui, je prends plaisir au contact social : on échange, on va au resto et même en vacances ensemble !”. Elle va à la salle depuis 2018, fait de la danse, de l’aquagym, un peu de randonnée. Seul le mercredi est réservé aux petits-enfants. Un peu plus loin, il y a Yvette, une femme “très indépendante”, qui n’a pas voulu se marier. “Je ne fume pas, ne bois pas, sauf un verre de vin quand je sors”, dit-elle. À 87 printemps, elle continue à faire son jardin, son potager, et ce jour-là, soulève 15 kg à la force des bras. À côté, Maria, jeune retraitée, qui vient de s’inscrire et enchaine vélo, rameur, tapis de course “pour garder la ligne !”.

Moyenne d’âge : 68 ans

Et tout ça c’est grâce à l’ASD +50 ans. Moyennant une cotisation annuelle modique, l’association propose un panel d’activités impressionnant. Et ce depuis plus de 40 ans. Dirigée d’une main de maitre par Laure Tournier, la section est “comme une petite entreprise à faire tourner avec ses 730 adhérents, dont 550 pratiquent un ou plusieurs sports”, déclare celle que tout le monde appelle Laurette. Moyenne d’âge ? 68 ans. La section est très féminisée : 70 % sont des femmes. En couple, célibataires ou veuves. “Une fois qu’elles ont leurs repères avec nous, elles ne nous quittent plus, on les aide aussi à surmonter les accidents de la vie, c’est important de ne pas s’isoler”.

Le crossfit pour souffler et se dépasser

Chaque mardi soir, une vingtaine de femmes se retrouvent au centre sportif Roger Petieu pour une séance de crossfit 100 % féminine. Entre dépassement de soi, rires et solidarité, ce cours séduit de plus en plus d’adhérentes en quête d’effort physique et de bien-être.

Il est 20 heures passées, et la salle d’entraînement commence à s’animer. Baskets lacées, tapis alignés, cordes à sauter déployées : près de vingt femmes, âgées de 18 à 65 ans, se préparent à une session intense de crossfit organisée par l’association Mata Leao. Très vite, la playlist des années 2000 donne le rythme. Cardio, sprint, squat... ici, on ne fait pas semblant.

Le crossfit est une discipline mêlant cardio et renforcement musculaire, souvent perçue, à tort, comme “virile”, mais elle est en fait adaptée à tout le monde. Au centre de la salle, Souhila, coach sportive et également chargée des plus jeunes en MMA, donne de l’énergie. Encouragements, conseils, regards attentifs : elle veille à ce que chacune trouve sa place. “On n’est pas dans la performance absolue. On est surtout là pour passer un bon moment et décompresser”, explique-t-elle. Entre deux exercices, les participantes échangent, se taquinent et surtout s’entraident. “Après une journée de travail, ça permet de se vider la tête”, confie Caroline, adhérente “depuis au moins 3 ans.”

Un espace à soi, loin des regards

À l’origine de cette section féminine, un engouement grandissant. “Beaucoup de mamans, qui venaient déposer leurs enfants au MMA, me disaient qu’elles n’arrivaient pas à trouver une activité où elles pouvaient vraiment se dépenser, tout en étant à l’aise”, raconte Souhila. Certaines évoquent des complexes, d’autres simplement le besoin de se retrouver entre femmes. Depuis son ouverture, l’an dernier, cette section rencontre un franc succès. Avec 27 inscrites, la coach a même dû limiter les effectifs, faute de place. Souhila espère l’ouverture d’un second créneau pour assurer un meilleur suivi et répondre à l’afflux de demandes. “C’est leur moment. Deux heures sans les enfants, sans les problématiques du quotidien, du travail...” Venue s’entraîner avec sa fille, Caroline a connu les séances mixtes, “où l’ambiance est différente quand il y a des hommes.” Elle apprécie ici l’esprit “girl power”, malgré les (trop) nombreuses discussions entre les exercices.

Se redécouvrir et reprendre confiance

Pour la majorité, le sport avait disparu du quotidien depuis des années, souvent mis de côté par les études, le travail ou les grossesses. La reprise d’une activité sportive se fait alors en douceur. Et au fil des semaines, les bénéfices dépassent largement le cadre physique, selon Souhila. “Elles se découvrent capables de faire des choses qu’elles ne soupçonnaient même pas.” À la clé, une progression physique, mais surtout une confiance retrouvée. Dans la salle, les sourires succèdent à l’effort. “Une heure et demie, ça passe vite”, glissent certaines, presque surprises. Envie de participer ? Souhila invite simplement “à faire un cours d’essai, vous pourriez être surprise.

Contact : mataleao@yahoo.fr - 06 16 44 42 22