Environnement

Comment adapter mon jardin aux fortes chaleurs ?

Il faut s’habituer aux étés de plus en plus chauds. Aménager son intérieur est quelque chose d'assez simple, mais c’est bien plus difficile pour nos jardins ! Voici quelques conseils pour permettre à vos plantes d'anticiper au mieux les années à venir.

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Le réchauffement climatique met à rude épreuve nos jardins qui souffrent été comme hiver. Il est important désormais de bien organiser ses espaces extérieurs afin de ne pas stresser toute la végétation. La plante détendue fait le jardinier heureux.

Et, en plus, de l’autre côté du globe, El Niño semble se réveiller, annonçant une année 2026 particulièrement chaude. L’inversion attendue des courants d’eau dans le Pacifique Sud n’augure rien de bon pour les mois à venir. Le monde végétal, qui ne peut se mettre à l’abri durant les heures les plus caniculaires, s’apprête donc à souffrir à nouveau et les sols à être plus secs qu’à la normale. Même si le pire n’est jamais sûr, il y a de fortes malchances que, tous les effets se cumulant à cause du réchauffement climatique, les prochaines années, voire décennies, soient redoutables.

De lents bouleversements

Il ne faut pas être devin pour comprendre ce qui se met en place depuis des années : vagues de chaleur estivales, fortes pluies et gelées tardives. Or, tous les jardiniers le savent : une plante a une capacité de résistance importante, mais le stress lui est souvent fatal. Le bouleversement climatique implique en effet des perturbations dans les cycles de la plante habituée à un climat, une qualité de sol et des insectes polinisateurs. Des bourgeons apparaissant trop tôt sont la proie de gelées tardives ; des maladies autrefois confinées dans les zones plus chaudes se répandent sur tout le territoire ; des essences d’arbres comme le hêtre disparaissent de nos forêts ; les cycles de vie des végétaux et de la vie animale, nécessairement imbriqués pour la survie de chacun, finissent par se dissocier. Un tableau bien sombre que nous voyons se dessiner lentement sous nos yeux depuis des années.

Un jardin n’est pas une forêt. Il est façonné par l’homme. C’est la raison pour laquelle on ne jardine plus en 2026 comme on le faisait il y a 50 ans. Il ne suffit plus d’avoir la main verte pour cultiver sa parcelle. Dorénavant, il faut connaître ses plantes intimement, anticiper l’évolution des sols et préserver à tout prix une biodiversité sans laquelle nos jardins resteraient stériles.

La sécheresse estivale étant la conséquence la plus visible du réchauffement, il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que les plantes nécessitant beaucoup d’eau sont à proscrire. Elles dépériront lentement ou développeront un système racinaire si important qu’elles nuiront à toutes leurs voisines. Certaines plantes ont néanmoins inventé des parades efficaces contre les coups de soleil. La brillance des feuilles du chêne vernissé réfracte ainsi une partie de la lumière, la sauge argentée se protège de la chaleur grâce à une épaisse couche de poils, les plantes grasses ou, par exemple, les sedums stockent de l’eau dans leurs corps charnus, les plantes aromatiques comme le romarin ou le thym évacuent dans l’air leurs essences et luttent ainsi contre la chaleur. D’une façon générale, les végétaux à petites feuilles comme l’eucalyptus résistent mieux car ils transpirent beaucoup moins.

Créer un jardin, c’est faire un pari sur les prochaines décennies. Il est donc clair qu’il est préférable de choisir des plantes méditerranéennes, bien mieux adaptées aux conditions qui nous attendent. Mais attention à la nature du sol : si celui de votre terrain est calcaire, il pourrait se gorger d’eau en hiver et faire pourrir les racines. De même, méfiez-vous des coups de froid sur des végétaux qui ne les supportent pas. On l’aura compris, les conseils d’un professionnel, mais aussi les échanges d’expérience entre voisins, sont des préalables importants pour la réussite de votre carré de verdure. Le jardin de vos rêves n’est peut-être plus d’actualité.

ELLES RÉSISTENT À LA CHALEUR

Arbres : Figuier – érable de Montpellier – amandier – cormier – micocoulier de Provence – cèdre du Liban – arbre de Judée – pin sylvestre – olivier...

Plantes : Lavande – valériane des jardins – pourpier vivace – iris – oranger du Mexique – cheveux d'ange – campanule des murailles...

Les sols sont la base de la croissance des plantes, et leur état conditionne largement le succès du jardin. Ainsi, s’il est bon de retourner la terre sur quelques centimètres afin de l’aérer, il faut éviter de creuser trop profond : la biodiversité est très différente selon les couches et une mise à l’air libre de certains organismes peut leur être fatal. La terre a besoin de ses vers qui assurent son bon équilibre.

De même, nous en avons peut-être fini avec la pelouse à l’anglaise, taillée au millimètre près et arrosée au moins trois fois par semaine (sur 300 m2, cela représente tout de même entre 2 et 5 m3 hebdomadaires !). Désormais, il convient plutôt de tailler les zones de cheminement et de favoriser ailleurs les zones de prairie. Elles permettent aux plantes à fleurs d’effectuer l’ensemble de leur cycle végétatif, de préserver un couvert pour les insectes et de conserver le sol humide plus longtemps.

Les amendements du sol, tels que le compost, le fumier et les matières organiques, améliorent la structure du sol, augmentent sa rétention d’eau et fournissent des éléments nutritifs essentiels aux plantes. C’est pourquoi on peut laisser une bonne partie des feuilles mortes se dégrader lentement par terre, mais surtout qu’il est devenu presque impératif de disposer d’un composteur qui permettra de valoriser tous vos déchets organiques. Voici des années que Drancy en offre à ses habitants (lire article ci-contre). Environ 50 % du carbone contenu dans le compost se transforme en humus grâce à des micro-organismes et aux animaux du sol, en particulier les vers de terre.

Un espace vert à besoin d’organisation, en tenant compte de la course du soleil et de la présence de murs protégeant des heures les plus chaudes et des vents hivernaux. Les éléments les plus hauts doivent être à même d’abriter les arbustes, au moins quelques heures par jour. On peut aussi penser aux murs de fond de jardin qui, s’ils sont recouverts par des plantes grimpantes comme le lierre ou la glycine, réverbèreront beaucoup moins les rayons du soleil, le vert étant une couleur absorbant une grande partie de sa lumière. Au contraire, n’en installez pas sur les murs de votre maison exposés au nord, vous n’y apporteriez que de l’humidité

La ville peut vous aider

Plus de 1 200 arbres fruitiers offerts gratuitement aux Drancéens, création progressive de cours Oasis dans chaque école afin de rafraichir la récré, plantations de prairies fleuries dans les parcs et de micro-forêts lorsque la superficie est suffisante, installation de brumisateurs dans les écoles et les parcs, organisation de jardins partagés qui connaissent partout un énorme succès, arrêt de l’entretien des espaces verts avec des produits phytosanitaires, interventions minimales sur les adventices (les “mauvaises herbes” poussant aux angles des trottoirs), agrandissement des fosses pour les arbres d’alignement afin de laisser leurs racines se développer... Il y a toujours une multitude de pistes à suivre pour une ville entendant favoriser l’environnement. Mais il est aussi important que ses habitants puissent trouver réponses à leurs questions grâce à un interlocuteur bien identifié. C’est ici que la Maison de l’énergie et de l’environnement trouve toute sa place. Grâce à elle, vous apprenez à fabriquer un nichoir à oiseaux, vous pouvez recevoir un composteur et la formation pour bien s’en servir, vous pouvez bénéficier d’une aide financière pour l’installation d’un récupérateur d’eau, vous pouvez suivre un atelier pour transformer votre jardin en refuge pour la biodiversité urbaine.

Nouveauté en 2026 : la MEE vous propose cette fois d’installer un abri à chauve-souris, un animal nocturne qui a la particularité de pouvoir dévorer jusqu’à 3 000 moustiques en une nuit. Or, comme vous l’avez sans doute remarqué, à cause du réchauffement climatique et de la disparition de leurs prédateurs, nous sommes envahis désormais presque toute l’année par ces bestioles utiles, certes, mais en quantité raisonnable.

Contact

Service municipal

Maison de l’énergie et de l’environnement

133 Rue Sadi Carnot
93700 Drancy

developpementdurable@drancy.fr0187010497

Lundi, mercredi, vendredi et premier samedi du mois : de 9h à 17h30
Mardi et jeudi : de 13h30 à 19h