Grands projets

La porte d’entrée d’un nouveau quartier

La rue du 9 Novembre 1989, artère principale du Baillet, a été inaugurée le 5 septembre par la municipalité en présence du maire d’Eisenhüttenstadt, Marko Henkel. Commerces, logements, espaces publics… Le quartier se dévoile chaque jour un peu plus devant les yeux de ses nouveaux résidents.

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Ça emménage au Baillet !

« Cette étape qu’est l’inauguration de la rue du 9 Novembre 1989 n’est, et de loin, pas la fin de cette rue, ni de ce quartier », annonçait Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, avant le dévoilement de la plaque à l’entrée du Baillet. Car si la rue est déjà ouverte aux habitants, elle ne bénéficie pas encore de tous les services promis. Pour l’heure, elle remplit son premier rôle : connecter l’avenue Marceau à la rue Alsace-Lorraine. Elle facilite notamment les déplacements entre les gares de Drancy et du Bourget. Longue d’environ 600 mètres, elle a été réalisée dans le cadre d’un permis d’aménager porté par la Ville et délivré en 2022. La rue du 9 Novembre 1989 mène également à L’Arche, futur centre culturel de 4 972 m2 appelé à remplacer l’Espace culturel du parc. Le lieu accueillera trois cinémas, un théâtre de 750 places et une salle des fêtes de 1 800 places

Cette nouvelle artère au cœur du Baillet représente plus de 14 000 m² d’espaces publics aménagés. La chaussée, large de 9 mètres en entrée de quartier, passe à 6 mètres sur le reste du linéaire. Elle s’accompagne d’une piste cyclable bidirectionnelle de 3 mètres et de trottoirs de 2,50 mètres. Un parvis de près de 3 900 m² en face de L’Arche accueillera une fontaine, des espaces de détente et les terrasses des futurs commerces. L’opération totale atteint environ 9 millions d’euros, en comptant les rues adjacentes Pascal Leone et Joseph Ziegler.

Le Baillet accueillera également un futur groupe scolaire. Avec ses 24 classes, il réunira une école maternelle de 9 classes, une école élémentaire de 15 classes, un centre de loisirs et un réfectoire. Pensé comme un équipement ouvert sur la nature, il fera appel à des matériaux biosourcés et issus de filières locales. Le béton des dalles intégrera notamment des granulats issus du réemploi de la cité Gaston Roulaud. Les toitures seront végétalisées et accueilleront des potagers pédagogiques, tandis qu’une cour oasis offrira aux élèves un espace extérieur tourné vers la nature. Un projet financé par la Métropole du Grand Paris (1M€), par le Conseil Régional d’Île-de-France (800 000€) et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (210 500€). Ouverture prévue à la rentrée 2028.

La verdure occupera une place de choix dans les espaces publics. Les nouvelles rues seront largement végétalisées, avec de nombreuses plantations d’arbres destinées à améliorer le cadre de vie et à réduire les îlots de chaleur. Des noues paysagères permettront également de mieux gérer les eaux pluviales. S’ajoute à cela un véritable poumon vert au cœur du Baillet. D’une superficie de 5 398 m², le futur parc public, voisin de l’école, s’apprête à sortir de terre. Placettes, cheminements et jeux pour enfants compléteront cet espace pensé pour la promenade, la détente et la respiration. Avec les nouvelles plantations, il contribuera à donner au quartier son identité paysagère. Tous les Drancéens découvriront bientôt ce nouveau quartier, ses commerces, et s’approprieront une rue au nom chargé d’histoire.

Huit nouvelles enseignes

Avec l’inauguration de la rue du 9 Novembre 1989, c’est tout un quartier qui s’apprête à prendre vie. Face à L’Arche, les magasins ouvriront les uns après les autres et viendront compléter une offre commerciale variée. Cette esplanade a été pensée pour réunir tous les âges et tous les publics. En vous baladant sur la placette végétalisée de 350 m² , votre œil sera forcément attiré par l’un des huit commerces à l’affiche en face de L’Arche.

Porté par la Ville, le projet prévoit l’installation d’une librairie de 131 m² à l’entrée de la rue du 9 Novembre 1989, côté avenue Marceau. Romans, bandes dessinées, mangas et autres ouvrages y seront proposés à la vente. Cette nouvelle librairie doit contribuer à compléter l’offre culturelle du quartier, à proximité immédiate de L’Arche.

Mitoyen de la librairie, un pressing permettra de déposer vêtements et textiles pour leur entretien. Un nouveau service de proximité destiné aussi bien aux habitants du quartier qu’aux usagers des équipements voisins.

Une brasserie baptisée Mimosa doit également s’installer sur l’esplanade. Elle permettra de déjeuner, dîner ou simplement prendre un verre dans ce nouveau lieu de vie. De quoi susciter la curiosité, d’autant que le futur établissement n’a pour l’instant laissé filtrer aucun indice sur le style culinaire qui y sera proposé.

Les sportifs ne seront pas en reste. Avec ses 1 664 m², la salle de musculation et de fitness On Air promet de devenir l’un des points d’attraction du quartier. Au programme : machines haut de gamme, cours collectifs, haltérophilie, sacs de frappe et même une cage de MMA. Un espace exclusivement féminin, équipé de machines adaptées à leurs particularités, leur permettra également de s’entraîner dans un cadre pensé pour leur confort, leur performance et leur tranquillité. Côté tarifs, l’enseigne propose dans ses autres salles un abonnement hebdomadaire à 7,99 € ou une formule duo à 10,99 €, à partager avec un membre de son domicile.

Pour les plus gourmands, pas besoin d’attendre l’heure du dîner pour faire une halte sur l’esplanade. Un salon de thé indépendant de 140 m², doté d’une terrasse, invitera à s’accorder une pause sucrée dans l’après-midi.

À l’angle de la rue Pascal Leone, une boulangerie indépendante de 215 m² viendra compléter l’offre de proximité.

Beaucoup l’attendent : un Intermarché de près de 2 800 m² s’installera au cœur de cette nouvelle rue commerçante. De quoi faire ses courses du quotidien à quelques pas de chez soi.

Pour compléter les paniers, un Picard de 473 m² prendra place juste à côté du supermarché. L’enseigne proposera une large gamme de produits surgelés, pour le repas du soir comme pour les jours où l’envie de cuisiner se fait plus timide.

Ces huit commerces partageront une même rue, un tout nouvel espace de vie où l’on pourra bientôt faire ses courses, déjeuner, bouquiner, prendre un café ou simplement se retrouver. L’ouverture des commerces est envisagée pour le premier semestre 2027, mais reste conditionnée par la nomination de l’adhérent qui exploitera l’Intermarché et le parking qui bénéficiera aussi aux usagers de L’Arche.

Un quartier pour y vivre

Après les premiers emménagements en 2024, l’arrivée des familles, seniors et étudiants s’est accélérée fin 2025 et au printemps 2026 dans les logements neufs du Baillet. Rome ne s’est pas faite en un jour. Redonner vie à une friche industrielle et ferroviaire abandonnée à sa pollution non plus  ! Fin 2021, les premiers coups de pioche ont été donnés douze ans après l’achat par la Ville des 6,5 hectares de terrains appartenant à la SNCF. « En achetant ces terrains, la Ville s’est donné les moyens de maîtriser leur devenir et de piloter cette transformation pour répondre aux besoins de logement des Drancéens et donner un nouvel élan à l’avenue Marceau », souligne le maire, Jean-Christophe Lagarde.

Acquis pour 3,18 millions d’euros, les terrains ont été dépollués pour 3,2 millions, avec une aide de 1,3 million de l’Ademe. Une partie a ensuite été revendue pour plus de 14 millions d’euros aux promoteurs chargés de construire logements, commerces et grand parking public. À l’ouest du quartier, face à L’Arche, 306 logements ont accueilli leurs habitants dès le printemps 2026 : 143 en accession à la propriété, 76 logements sociaux et 87 en location intermédiaire.

En remontant la rue du 9 Novembre 1989 vers l’est, d’autres opérations complètent le nouveau quartier face au futur grand parc : une résidence de 250 chambres étudiantes, déjà occupée à 90 %, et une résidence de 121 logements seniors, désormais remplie aux deux tiers. S’y ajoutent 83 logements sociaux et 78 logements en accession à la propriété. « Dans un contexte où se loger reste difficile, c’est la meilleure réponse à ceux qui doutaient de l’utilité de les construire », poursuit le maire.

Les emménagements se poursuivront dans le secteur central avec la livraison de 66  logements par Vinci et, plus tard, de 70 autres par la SEM Drancy Demain. À terme, un dernier programme de logements comprenant un second parking public verra le jour en bordure du groupe scolaire.

Une date historique pour une rue d’avenir

L’inauguration de la rue du 9 Novembre 1989, qui traverse le Baillet, marque une étape clé dans l’aménagement du quartier, mais rappelle aussi, et surtout, un événement majeur de l’histoire contemporaine : la chute du mur de Berlin et du communisme...

En baptisant cette voie 9 Novembre 1989, la ville inscrit dans son paysage urbain le souvenir d’un événement qui a profondément marqué l’Histoire. Ce soir-là, à Berlin, un mur qui séparait une ville et deux mondes depuis près de 30 ans s’ouvre sous les yeux d’une population qui n’osait plus l’espérer. Érigé en 1961 par la République « démocratique » allemande (RDA), le mur de Berlin avait pour objectif premier d’empêcher les habitants de l’Est de rejoindre l’Ouest. Car depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les deux Allemagne suivent des trajectoires bien différentes. À l’Ouest, la République fédérale d’Allemagne (RFA) soutenue par l’aide américaine du plan Marshall connaît une reconstruction rapide. À l’Est, sous influence soviétique, la dictature communiste et son cortège de misère. Les écarts de niveau de vie et de libertés individuelles se creusent.

Le mur des divisions

Alors, des centaines de milliers d’Est-Allemands se décident à prendre le chemin de l’Ouest. Entre 1949 et 1961, près de trois millions d’entre eux quittent la RDA. Pour ses dirigeants, il devient urgent de stopper cet exode qui fragilise le pays et témoigne des difficultés du système qu’ils défendent. Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les premiers barbelés apparaissent à Berlin, puis laissent place à un mur, haut de 3,60 m. Pendant 28 ans, familles, amis et voisins vivent séparés. Des milliers d’Allemands de l’Est tentent malgré tout de franchir cette frontière au péril de leur vie. Mais à la fin des années 1980, le système vacille. L’Union soviétique de Gorbatchev se réforme et renonce progressivement à intervenir dans les pays du bloc de l’Est. En RDA, les manifestations se multiplient et la population réclame davantage de libertés. La dictature communiste est-allemande de plus en plus fragilisée finit par céder et s’effondrer.

Le jour de la liberté

Le 9 novembre, lors d’une conférence de presse, le porte-parole du gouvernement est-allemand, Günter Schabowski, annonce par erreur l’ouverture immédiate des points de passage vers l’Ouest. Des milliers de Berlinois affluent alors vers le mur. Dépassés et sans consignes claires, les gardes ouvrent les barrières. Les habitants se retrouvent et commencent à démolir le mur, devenu le symbole d’un système en train de s’effondrer. Sa chute accélère la fin des régimes communistes d’Europe de l’Est, met un terme à la Guerre froide et ouvre la voie à la réunification allemande, officialisée le 3 octobre 1990. Donner à une rue le nom du 9 Novembre 1989, c’est rappeler le souvenir d’une liberté retrouvée et d’une frontière qui, après avoir séparé des millions de personnes, a fini par disparaître

Le mot du maire d’Eisenhüttenstadt

« C’est difficile aujourd’hui d’imaginer qu’auparavant, ce n’était pas possible de pouvoir simplement aller voir nos amis à Drancy. Les personnes ne pouvaient pas décider librement où elles voulaient voyager, à qui elles voulaient rendre visite ou bien où elles voulaient vivre. C’est pourquoi cette rue est pour moi beaucoup plus qu’un simple nom de rue. Elle me donne des frissons. Elle nous rappelle que nous avons réussi à dépasser les frontières et elle nous montre combien la liberté est importante. Dans le futur, quand des enfants joueront ici, quand des familles passeront dans ce quartier, elles se demanderont peut-être : qu’est-ce que ça veut dire, le 9 novembre ? Et peut-être alors qu’elles parleront ensemble de la liberté, de l’Europe et de l’importance de pouvoir rencontrer d’autres personnes. »

Citation tirée du discours de Marko Henkel lors de l’inauguration de la rue. Il avait tout juste la vingtaine le jour de la chute du mur.